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Ma semaine à la poursuite d’un escroc international
L'histoire que je vais vous relater ici n'est malheureusement pas une fiction, c'est une histoire bien réelle qui s'est déroulée à partir de mi-mars. Malgré la note humoristique du post, tout ce qui sera relevé ici sera véridique. Le contexte Pour comprendre le contexte, il faut poser le « plateau des évènements ». Travaillant dans le secteur du cinéma (Eclair Laboratoire) et mon associé Thomas, dans l'univers de la musique (Universal Music), nous avons fondé une société dans la diffusion et distribution de contenus audiovisuels (films, séries, ...) sur plusieurs(..)
2011
23:03
Ma semaine à la poursuite d’un escroc international

L’histoire que je vais vous relater ici n’est malheureusement pas une fiction, c’est une histoire bien réelle qui s’est déroulée à partir de mi-mars. Malgré la note humoristique du post, tout ce qui sera relevé ici sera véridique.

Le contexte

Pour comprendre le contexte, il faut poser le « plateau des évènements ».

Travaillant dans le secteur du cinéma (Eclair Laboratoire) et mon associé Thomas, dans l’univers de la musique (Universal Music), nous avons fondé une société dans la diffusion et distribution de contenus audiovisuels (films, séries, …) sur plusieurs canaux de diffusion (mobile, internet, tv, cinema, etc…).

Depuis quelques temps, nous étions en recherche de financement (business angels, fonds d’investissements, etc…) pour les besoins en développement de la société en elle-même.

Entre plusieurs rencontres de BA ou de financiers, Thomas croise, un jour, par hasard un ancien camarade de classe d’une école de management. Personne que nous appellerons Stéphane pour la suite de l’histoire. Les deux s’échangent des banalités, des nouvelles, les projets futurs, etc… Ce dernier travaillait dans le secteur de l’investissement: le sujet de nos recherches vient donc sur le devant assez rapidement. Malheureusement, ce dernier nous apprend que ses clients n’investissaient que dans l’immobilier.

Les jours passent, Thomas me reparle de Stéphane. Ce dernier aurait probablement trouvé un investisseur, américain, très intéressé par notre projet et rentrant parfaitement dans le cadre des investissements que sa société d’investissement effectue.

Stéphane propose donc qu’on en parle de vive voix tous ensemble avant de nous présenter à cet investisseur providentiel.

First encounter

Notre premier rendez-vous se déroule dans les locaux où nous sommes, proche d’Opéra, sur la mezzanine. Stéphane est accompagné, de son côté, de son associé, que nous appellerons Antoine.

On sera pas un peu trop pour une réunion informelle ?

Durant cette réunion, nous présentons dans les grandes lignes notre société et le business plan. De leur côté, les deux nous présentent dans les grandes lignes le personnage mystère et la fameuse société: Il allait nous présenter un certain Mathieu S. Dewar, CEO/PDG de la société Global Financial Investment. Un grand groupe de financement américain basé à Los-Angeles et créée par des structures bancaires aux Etats-Unis.

Mathieu était en Europe pour effectuer quelques réunions avec des partenaires. Ce dernier souhaitait ainsi développer la filiale financement et investissement en Europe, notamment en France. Cette filiale, déjà créée, s’appelle Triumph Inc.

Cependant, les deux sociétés ne proposeraient pas les mêmes types « d’aide ». La première, la Global Financial Investment, est une société fondée par deux assurances américaines: la Prime West Insurance et la State Farm Insurance. Elle effectue des prêts entre 1 et 100 millions de dollars. La deuxième, Triumph Inc., proposerait un financement propre (à contrario d’un prêt) mais plus petit entre 300 et 600 K€ et une aide relationnelle (réseaux) auprès des sociétés sous son aile.

Sur le coup, il est vrai que le premier choix semble le plus propice pour n’importe qui. Cependant, nous n’étions pas trop dans cet optique. Aussi bizarre que cela puisse paraître notre choix était attiré par la seconde proposition, pour un seul et petit détail: le réseau.

Selon Stéphane, Mathieu avait un réseau large dans les pays où nous travaillions déjà ou que nous convoitions. Nous posions donc, dans les deux cas, les « pour » et les « contre » à Stéphane. Celui-ci proposera de transmettre tout ceci à Mathieu.

Les jours passèrent. Très peu finalement par rapport à nos autres rendez-vous avec des investisseurs. Stéphane nous informa que Mathieu était toujours très intéressé par notre société a eu l’ensemble des informations et nos interrogations et se propose de nous rencontrer en personne.

Nous étions enchantés par cette nouvelle.

Celui-ci nous donna rendez-vous, toujours par le biais de Stéphane, dans nos locaux le lundi 21 Mars vers 19h.

A la rencontre du 3ème type…

Le jour J était enfin arrivé. Pour l’occasion, nous avons converti la salle de projection post-production en salle de réunion improvisée.

Heure-H. On sonne à la porte.

Stéphane emboîte le pas, suivi d’Antoine et enfin, le fameux Mathieu S. Dewar.

L’homme devait faire entre 1m80 et 1m85, plutôt sec, un grand black assez charismatique, un faux air de Jamie Foxx, le costume impeccable, un manteau brun à col relevé et une petite sacoche noire et bleutée.

I’m the great Mathieu – Cornholio – Dewar !

Dans la salle de réunion, premières discussions lambdas et échanges des cartes. Rien ne semblait étrange. Hormis peut-être un petit élément qui nous a troublé, mon associé et moi: Durant l’échange de carte, Mathieu S. Dewar ratura le numéro de téléphone en France et invoqua un problème de changement de numéro entre temps. De plus, nous attendions discuter avec le CEO de la Global Financial Investment, or la carte était de la Triumph Investment Inc, donc de la filiale. Étrange. Mais pas non plus insurmontable.

La réunion commença.

Celui-ci nous présenta sa société:

La Global Financial Investment, établie en Californie à Los Angeles et plus précisément du côté de Beverly Hills, est une société gérant des fonds empruntés auprès de deux banques, CityGroup et la Wells Fargo à un taux relativement bas autour de 2%. Les fonds sont ensuite utilisés afin d’effectuer de l’ « investissement société » soit en renforcement, soit en premier tour de table, notamment pour les early business/startup. Les fonds attribués sont soumis à une police d’assurance établie par la fameuse Lloyd’s.

La filiale, la Triumph Inc., est une société établie spécialement pour les investissements en dehors des Etats-Unis. Elle possède moins de fond que sa maison mère, mais plus de facilité à gérer certains dossiers.

Les trois grosses banques ne sont que des prête-noms pour crédibiliser l’histoire de Global Financial Investment Inc.

La réunion se passa comme n’importe quel réunion lors d’une présentation de business-plan face à un investisseur. Celui-ci posa des questions très précises sur des points particuliers. Nous répondions normalement et argumentions quand cela était nécessaire. Tout se passait relativement bien.

En fin de réunion, Stéphane présenta la suite des évènements de la sorte: nous devions effectuer une demande auprès de la maison mère, Global Financial Investment, directement en remplissant un dossier. De son côté, Mathieu S. Dewar se proposait de retourner le rapport – résumé de la réunion – dès ce soir afin de faire passer le dossier, auprès de ses conseillers, comme prioritaire.

Avant le départ, Stéphane me demande s’il est possible d’imprimer le fameux dossier car n’ayant pas eu le temps de le faire avant par eux-même. Il essaye donc de me transférer le document en question, mais pour des raisons diverses et variées, il était préférable de l’imprimer directement depuis la clef USB de Mathieu S. Dewar. Stéphane m’évoque donc le fait que ce dernier n’aime pas trop prêter sa clef USB. Élément que je comprends, il possède probablement des dossiers importants…

Mathieu se résout tout de même à prêter sa clef en ne restant pas trop éloigné d’elle. Cette clef était de la taille d’un pouce, métallisé, grise, plutôt design, accrochée à une sorte de porte-clef lambda. Nous saurons, après coup, que cette clef est capitale …

Je sélectionne donc le fichier et lance l’impression.

Curieux comme je suis, je n’ai pas pu m’empêcher de copier un ou deux documents alors qu’il avait le dos tourner…. oui, je suis vil.

  • GLOBAL HISTORY SINCE.pdf (présentation de la société)
  • OFFER TO PURCHASE xxx boulevard xxxxxxxxxxxx.docx.
    L’adresse d’un bâtiment prestigieux… donc onéreux…

Après la séparation, Thomas et moi nous décidions de remplir le dossier rapidement et de l’envoyer dans la foulée pour que tout ceci avance au plus vite.

Nous devions attendre quelques jours pour que le dossier soit traité par la maison-mère.

L’attente …

Une longue attente… Nous étions impatient car si cela se révélait positif, nous pouvions avancer sur certains dossiers beaucoup plus rapidement.

Quelques jours plus tard, nous apprenons que la maison-mère a enfin étudié notre dossier et que celui-ci se révèle valide pour la suite des opérations.

Stéphane nous informe que Mathieu S. Dewar viendra déposer une lettre d’intention de financement entre deux rendez-vous sur Paris. A nous de l’étudier et de donner notre confirmation ou notre refus devant la proposition.

Thomas n’étant pas disponible le jour du rendez-vous, je réceptionne Mathieu, Stéphane et Antoine rapidement le temps de recueillir la lettre en question.

Je pensais que la nouvelle rencontre ne devait durer que l’espace d’un dépôt de lettre, d’une discussion obligatoire et sociale ponctuée par les civilités habituelles. Cela ne fût pas le cas. Mathieu proposa d’étudier la lettre aussitôt. Interloqué, je les conduisis donc dans mon bureau.

Mathieu se posa en bout de bureau et les deux autres interlocuteurs en face de moi. Et c’est ainsi que nous commencions à étudier les trois malheureuses feuilles de lettre d’intention.

Je parcourais les feuillets rapidement et écoutais Mathieu S. Dewar réciter chaque paragraphe, chaque phrase, expliquer chaque terme et répondre à quelques interrogations que j’avais sur le moment.

Impressionnant, M. Dewar !

C’est à ce moment que quelque chose clocha.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai fini par appeler cela l’effet Highlander. Déjà, sûrement parce que je regarde trop de film, mais aussi parce que l’effet Highlander est le moment où dans votre tête, une sorte de « chose » – un déclic – se produit et vous vous dites que quelque chose cloche … mais sans savoir pourquoi. Une sorte de 6ème sens, en d’autres termes.

Je regardais la scène que je trouvais surréaliste: Comment se fait-il qu’un grand dirigeant – d’une société aussi prestigieuse qui brasse autant de milliards – effectue la lecture d’une lettre d’intention, comme un simple banquier de quartier de province. (sans vouloir être offensant pour les banquiers de quartier)

C’est à ce moment-là que je n’écoutais plus les différents protagonistes autour de moi, je les regardai. Une phrase claqua dans ma tête: « C’est une #$% d’escroquerie ! »

Je tournais les pages et ne voyais que demandes excessives, des documents complètement hors propos, comme des photocopies de passeport, une copie de « Utility Bill », qu’on peut traduire par « Facture EDF », une copie de papiers liés à des taxes payés par la société, une copie des statuts et une copie des contrats signés avec nos partenaires. Des demandes trop farfelues pour être honnêtes de mon point de vue.

Je continuais à tourner les pages et je voyais des termes anglais mal posés ou plutôt du charabia anglophone signe d’une traduction mot à mot et indigne d’un service juridique anglophone d’une grande entreprise.

Ce qui me confirma mon doute a été un tout petit détail pour le quidam, mais pas forcément pour des personnes ayant un minimum de connaissance ou de culture web.

Nous devions envoyer une copie des contrats par email à deux adresses: Le premier à un certain Steven Watt ( steven.watt@gmx.us ) et une autre copie au département financier de Global Financial Investment ( finance.department@gmx.us )

Pour ceux qui ne connaissent pas: gmx.us est un webmail gratuit américain, équivalent d’un hotmail ou d’un gmail.

Entre nous: combien de sociétés ayant plusieurs millions voire milliards dans ses comptes utiliseraient des adresses emails sur un hotmail-like ?

Je continuais la réunion comme-ci de rien n’était et j’évoque tout naturellement que la décision se prendra entre mon associé et moi-même dans les jours à venir. Initialement prévu à une quinzaine de jour, nous devions retourner le document signé sous 4 jours, soit lundi 17h, heure Californienne. Cela sentait le coup de pression habituel des escrocs pour ne pas (trop) réfléchir.

Hmmm… j’ai un doute, ai-je joué dans « 6ème sens » ou « The Sign »… ?

Fin de réunion…début des interrogations.

24h Chrono…

La porte claquée, je fais état de ma stupeur à Thomas par téléphone dans des termes fleuris comme « Ca pue sévère ! ».

Nous avions maintenant moins de 48h pour découvrir si mes soupçons se révélaient exactes. Thomas n’étant pas sur Paris, je lui transmets une copie des documents aussitôt. Lui aussi émet des gros doutes sur des termes et des phrases.

Le top-chrono était lancé…

Je décide donc d’appeler 3 de mes contacts qui aurait pu me renseigner: un ancien haut responsable d’une grosse banque d’affaire avec qui j’ai travaillé, un commissaire au compte et ancien associé dans une précédente société et un ami dont la femme travaillait en banque. (pour la dernière personne, j’avais émis l’hypothèse que les banques devaient avoir une sorte de registre de blacklist de société intra-banque permettant de se prémunir contre les sociétés écrans).

Ne pouvant joindre les 3 personnes sur le moment, je décide de rechercher des informations par moi-même. Thomas fera de même de son côté avec son réseau.

Je démarre mes investigations par les adresses.

Traque sur Internet…

Je possédais deux adresses, une sur la carte de visite de Mathieu S. Dewar et l’autre sur un des contrats:

   9663 Santa Monica Boulevard
   Suite 346
   Beverly Hills, CA, USA, 90210
   9025 Wilshire Boulevard
   Penthouse 500
   Beverly Hills, CA, 90211, USA

Pour le premier, je prend Google-Street-View, et voici ce qu’on découvre

Une boite postale (PO), pas très sérieux tout ceci. Surtout qu’il existe plus de 350 sociétés à cette boite et qu’en recherchant dans les anciennes entreprises établies à cette adresse, je découvre des sociétés étranges qui semblent liées à ce Mathieu mais fermées depuis le temps (notez que c’était sous un faux nom, les anciennes sociétés écrans me sont apparues qu’après de nombreuses recherches à cette adresse et à partir de ses faux noms… un vrai nid à vipère ce 9663…)

Pour la deuxième société, nous trouvons ceci:

Un bâtiment plutôt beau. Mais l’habit ne fait pas le moine.

Mon problème avec cette adresse, c’est déjà la quantité de société étrangère à la Global Financial Investment. Pourtant, la société est censée accueillir plusieurs centaines d’associés.

Selon l’adresse, la société se trouve au penthouse, c’est-à-dire au dernier étage. Difficile donc de vérifier depuis le bord de la route avec Google StreetView.

Je décide donc de contacter un ami à Los Angeles et lui demander s’il était possible de passer à cette adresse. Celui-ci accepta sans broncher, je pense que l’aventure le tentait bien. Il me fallait attendre.

Entre temps, une autre adresse était disponible, celui des bureau sur Paris:

   21 Boulevard Haussman
   75009, Paris
   France

Par chance, cette adresse est à quelques rues de nos locaux, je décide donc d’y aller à pied et je tombe nez à nez à côté du Surcouf d’Haussman. Au 21 se trouve des bureaux typique: Banques, Immobiliers, diverses sociétés, des avocats et surtout … un centre d’affaire. Traduction: des bureaux à louer pour l’heure. Comme par hasard …

Je retourne au bureau et continue mes recherches. Je tombe après plusieurs heures de recherche sur une adresse étrange donnée par le magazine BusinessWeek Online:

   Triumph Investment Inc.
   www.globalfinancialinvestment.com
   2050 Russett Way
   Carson City, Nevada

Le nom ne m’est pas étrangé, il apparaît sur un des documents échangé. Et comme par hasard, nous tombons sur une société « Budget Corp », une société proposant des boites postales et hébergé entre un coiffeur et un restaurant de burgers célèbre.

A priori, A Global Financial Investment et Triumph Invest, on a la classe internationale pour trouver des adresses qui donnent envie.

Entre temps, mon indic sur place revient de sa reconnaissance au 9025 Wilshire Boulevard. Ce dernier est dubitatif: aucune plaque au nom de l’une des sociétés, ni même de celui de Mathieu S. Dewar et encore moins à une société liée de près ou de loin à de l’investissement.


Traque sur son identité

J’essaye de trouver des éléments sur ce fameux Mathieu S. Dewar. Après tout, c’est lui l’acteur principal de cette mascarade.

Je tombe sur un ensemble de documentation:

Je constate que l’ensemble des documents sur Mathieu Dewar et Global Financial Invest ont été établis entre mai 2009 et juillet 2009, Triumph Invest qu’à partir de novembre 2010.

Je constate également que les différents noms de domaines des différents emails n’existaient pas ou étaient relativement récent:

   Site Internet
   www.triumphinvestments.us.com
   www.globalfinancialinvestment.com
   Email
   mfs.d@triumphinvestments.us.com

Le nom de domaine globalfinancialinvestment.com n’a pas d’historique registrar avant 2008 … Étrange pour une société crée – dixit Mathieu lui-même – en 2001.

Je note également que le nom de domaine a eu 2 erreurs de renouvellement en 3 ans d’existence. Soit les administrateurs systèmes et réseaux de Global Financial Invest. sont incompétents, soit l’auteur a eu quelques petits soucis pour avoir accès à un ordinateur pendant un petit laps de temps

Concernant son profil Linkedin

   Mathieu S. Dewar
   Chairman/CEO at TRIUMPH INVESTMENTS INC (2008-Present)
   Chairman/CEO at GLOBAL FINANCIAL INVEST. (2001–Present)
   Education
   Columbia University - Columbia Business School (1978–1982)

J’étudie également le profil Linkedin de la société Triumph Investment et Global Financial Investment qui comporte trois profils liés.

Seulement trois ?
Sur 500 personnes dans l’entreprise ?

Investiguons: le premier profil est celui de Mathieu S. Dewar, le deuxième d’un directeur de la filiale à Shanghai, c’est en fait celui de Mme Loretta Liang qui a un profil atypique: secrétaire maîtrisant le word/excel et sachant notifier les meetings depuis le début de sa carrière, elle passe gérante de la filiale Triumph Investment. Shanghai: Un joli coup de boost dans sa carrière.

Je continue mes investigations en restant fixé sur Mathieu.
C’est lui qui détient la clef.

Je fais donc une recherche sur Dewar, rien de probant en premier lieu. Mathieu Dewar, rien de probant non plus hormis des références étranges sur Global Financial Investment qui ne fait que renforcer mon sentiment négatif sur cette société.

Au détour d’une page avec d’autres mots clefs (adresse, numéro de téléphone, etc…) je tombe indifféremment sur un Mathieu Dewar, Mathieu S. Dewar. Puis, à ma grande surprise, au cours d’une recherche avec certains mots-clefs particulier, je tombe pour la première fois sur un Frank Dewar [1][2][3][4]. Avec la même adresse ou le même type d’image bidon en icône de garde.

Le dernier document est intéressant, il provient de la Chambre de Commerce de Beverly Hills. Sur ce document, nous constatons que :

  • Le document a été crée entre juillet et août 2009
  • A la page 6, on accueille les nouvelles sociétés à Beverly Hills
  • Que Global Financial Investment, Inc. y est présent
  • Que le PDG est identifié comme étant Frank Dewar et non Mathieu
  • L’adresse est la même que sur la carte de visite de ce fameux Mathieu

Mathieu, Frank, Dewar…. Cela devient de plus en plus étrange. Et si le « S » était un élément clef pour trouver sa véritable identité ? Que signifie-t-il ?

Je fini par le découvrir au bout de quelques minutes à partir du nouveau prénom découvert: Frank Sablon Dewar.

La société n’est pas la même, c’est la World Resources Trading Inc.. Bizarrement le choix des mots pour le nom de la société est aussi folklorique que pour Global Financial Investment. Des termes génériques qui ne veulent rien dire.

Mathieu Frank Dewar Sablon ? Mais finalement, qui est-ce ?

I follow you since a loooong time, Mr. Dewar !

Je finis par le découvrir à l’aide d’un internaute qui a eu la bonne idée de créer un site sur ce personnage.

Vous vous souvenez du petit air de l’acteur Jamie Foxx ?

Et bien, voici la photo de notre fameux investisseur:

Photo prise il y a quelques années lors d’une réunion pre-escroquerie.

Le personnage s’appelle Frank Sablon, née dans les DOM-TOM (Martinique ou Guadeloupe, je ne sais plus) dans les années 50. il est divorcé, un fils et un casier judiciaire long comme le bras. Il officie dans plusieurs pays: Etats-Unis, Belgique, Luxembourg, Suisse, Chine, Japon, ….

Et voici le résumé de la vie de ce fameux Franck Sablon que je vous laisse découvrir par vous-même: sablon-dauberton.com

Je contacte l’auteur du site. Celui-ci m’en apprend beaucoup, notamment sur le fait que Frank s’en tire en utilisant des subterfuge à la « pas vu, pas pris ». N’ayant pas été pris en flagrant délit, il s’en tirait de temps à autre.

Je vous passe les recherches annexes sur les sociétés écrans diverses, les analyses internes des fichiers échangés qui me permettront d’appuyer mes conclusions mais qui ont peu d’intérêt pour le référencement Google de l’individu afin d’aider les potentiels autres (futurs?) victimes.

De son côté, Thomas reçoit des informations d’un de ses ami, avocat d’affaires international: le contrat est une supercherie dès la première ligne. Mais nous le savions déjà …

Retour de flamme …

Nous décidons d’aller au commissariat du 2ème arrondissement, rue des croissants. En exposant brièvement la situation, l’agent écoute brièvement et conclu par un bref « cela m’a l’air d’être du lourd ». Il était loin de la vérité.

Deux agents me reçoivent, une première personne en uniforme et la deuxième en civil. Je supposais que le deuxième était de la BAC jour. Ce dernier m’informe ce que je savais déjà: le préjudice n’étant pas intervenu, ils ne peuvent rien faire.

Avec Thomas, nous décidons donc de faire un joli remake d’Ocean Eleven. Sauf que les billets seront remplacés par un escroc de haut vol. Après tout, il s’est bien foutu de nous, on va s’amuser à notre retour.

On a même embauché Pierre Benichou dans le cast (à droite)

Stéphane ayant eu vent de nos interrogations post-réunion, nous devions jouer fin pour ne pas ébruiter notre plan. Pour ce faire, nous remettons Stéphane en confiance – ne sachant pas s’il était complice ou non: Nos questionnements ne portaient que sur les documents que nous devions fournir et si nous pouvions tout délivrer en temps et en heure avant lundi. Pour nous, tout était OK: nous aurons les pièces demandées pour le prochain RDV.

Nous n’apporterons aucune pièce; Seulement une pièce de théâtre en réel.

24H passe… Aucune nouvelle. Dimanche, réception d’un mail provenant de Stéphane et comprenant un document que nous devons remplir avec une notification supplémentaire: prévoir 2 chèques pour le prochain RDV… nous avions prévu qu’une partie de l’arnaque se situerait à ce niveau. Mais pas que là. Pour nous l’arnaque aurait constitué en 2 ou 3 étapes: Premièrement, encaisser les chèques et se barrer; Encaisser les chèques et à l’aide des documents que nous avions fourni, souscrire un prêt dans une banque lambda à notre nom.

Élément amusant, les adresses définies dans le dernier document envoyé fait mention de Carson City et de la banque Wells Fargo. Ce qui correspondait pile-poil à des éléments de nos premières investigations.

Ocean’s Eleven: le RDV

Le rendez-vous est planifié pour le lundi 28 mars à 18h, dans nos locaux.
Il nous fallait beaucoup de preuve de l’escroquerie…

Nous décidons de prévoir beaucoup de choses: déjà un premier document stipulant que nous délivrons 2 chèques de XXXX euros à Mathieu S. Dewar. Il nous fallait une signature, un début d’usurpation d’identité, faux et usage de faux.

Nous nous attentions à ce que les autres documents soient déjà pré-signés: s’il était interpellé, il pouvait nier en être l’auteur. Il nous fallait donc une signature devant témoin.

Je repasse au commissariat et repose les conditions: Ce soir, une tentative d’escroquerie, si la police n’est pas là, on fait cela sans eux. Un des agents note mon numéro et voit ce qu’il peut faire, mais à première vue, les effectifs étant tous occupés, la planque avec la BAC sera difficile ce soir.

16h, l’heure approche; Nous préparons le terrain, nous posons des micros et des caméras pour le grand show de Frank. Problème: les caméras auraient été trop visible, nous laissons donc un seul micro et positionné… en dessous de la place prévue pour Frank.

16h30: un coup de fil d’un numéro inconnu: le commissariat du 2ème, 3 agents arrivent pour se greffer au plan. Là, on commence à s’amuser. Quelques minutes après, 3 officiers arrivent dont un major.

Pour ce dernier, si l’homme vient ce soir, cela sera du gros dossier qui passera directement à la brigade financière.

On lui pose le plan, il est d’accord et restera en planque avec les 2 autres officiers. Entre temps, il contacte de nouveaux effectifs. Nous nous retrouvons donc avec 6 agents dans les locaux et 2 ou 3 autres dehors en standby.

Delta Tango Charlie, en position

18h30…. Les 2 compères sont en retard. Durant ce laps de temps, Thomas et moi nous nous mettions d’accord sur le plan à suivre: accueil, civilité, dépôt des chèques, signatures des dépôts des chèques et enfin le grand show final: on dépose nos preuves sur la table et on regarde comment il réagit.

Entre deux, nous discutons avec les officiers et tentons de décompresser.

Il était amusant de constater que tout le monde sursautait dès que la sonnette de la porte retentissait. Les officiers se remettaient en planque en quelques secondes.

19h… nous pensons que Frank va se défiler. Trop de doute. Il va sûrement ne pas venir.

19h10, Stéphane appelle. Nous attendons tous une annulation du rendez-vous. Cela n’a pas été le cas, Stéphane confirme bien le RDV, Mathieu est en retard, il est dans un train provenant du Luxembourg, ils arriveront avec une demi-heure de retard.

Thomas veut vérifier les dires de Stéphane et demande des informations auprès d’un indicateur à la SNCF, devant le regard amusé des officiers: « Mais vous avez des indics partout ou quoi ? »

Le train arrive à 19h20 … Nous supposions un mensonge. Nous saurons par la suite qu’il était bien au Luxembourg avec une de ses victimes, – dont je tairais le nom – et devait effectuer des opérations bancaires au sein de la banque Dexia avenue Monterey.

19h40, le téléphone sonne de nouveau: ils sont en bas. Tout le monde en place. Le major se met en place pile dans la ligne de mire de la place supposée de Frank. Même les clients qui effectuaient un montage d’un long métrage dans la salle d’à côté sont de la partie. Activation des enregistreurs. La porte sonne. Mathieu et Stéphane entrent. Sourire « bright » de rigueur.

Et … Action!

La porte se referme, le piège aussi …

Début de la réunion, tout se déroule normalement. Mathieu/Frank joue son rôle parfaitement, il sort les mêmes recettes vues aux dernières réunions. Je remarque qu’il sort deux fiches cartonnées affichant des opérations immobilières: une tentative pour crédibiliser son dernier voyage ?

Au détour d’une ouverture, je découvre une sorte d’organigramme. Non ! il ne va pas oser nous donner un faux organigramme quand même ? Cela a été le cas par la suite, je m’amuse de lui dire que cette information est très intéressante. Sachant que 20% des noms, sur son organigramme, ont été vérifiés au préalablement et se révèlent être soit des faux noms, soit des personnes décédées.

Mathieu/Frank nous demande si nous avons bien vérifié si la société existait bien à Los Angeles, Thomas lui répond par l’affirmative et qu’il n’y avait aucun problème pour la suite des opérations…

Thomas et moi-même jouons les idiots du village à perfection. Nous laissons Mathieu/Frank nous présenter la suite du programme. A titre personnel, je pensais « avec beaucoup de gravier, à sec » mais pour lui.

Mode camouflage: activé
Mode idiot: activé

Nous tentons de remplir les documents venant de Mathieu/Frank lui-même en attendant notre passage « remise de chèque ». Thomas fait semblant d’écrire des informations pertinentes sur les documents.

Pendant ce temps, quelque chose intervient que nous n’avions pas prévu: Mathieu/Frank, tellement en confiance devant la situation, signe un de ses propres documents directement devant nos yeux et celui de l’officier en planque: le piège se referme, il a signé un document comme étant « Mathieu S. Dewar ». Tout le reste ne peut être que bonus pour un dossier à charge.

Thomas et moi-même continuions notre petit jeu. Nous remplissons un dernier document, puis enfin arrive la remise de chèque. Nous savions que Mathieu/Frank ne pouvait pas endosser un chèque français en dollar, il devait donc nous demander un chèque en euros qu’il allait devoir déposer en France; De plus, il devait nous donner un ordre: Soit son vrai nom, soit d’une autre personne/entité complice dans l’affaire.

Thomas prépare l’ordinateur portable pour le taux de change et commence à notifier le montant en euros.

Puis, ce dernier attend fébrilement que Mathieu/Frank donne l’ordre auquel il devait signer les chèques. Mathieu/Frank sort un nouvel intervenant mystère: « Mettez le à l’ordre de KFOND, c’est une filiale de Triumph Inc qui effectue des transactions immobilières en Europe ». Mais bien sûr … Ni Thomas, ni Stéphane – lui aussi surpris – n’avions entendu ce nom auparavant.

Alors que je fais diversion en discutant avec Mathieu/Frank en lui préparant les papiers, Thomas, discrètement regarde sur societe.com si l’entreprise existe: bien évidemment que non.

Nous supposions (confirmé par l’un des officiers) que le chèque aurait pu être endossé par Frank purement et simplement en manipulant le nom: Avec KFOND, nous pouvons arriver facilement à SABLONDAUBERTON sans difficulté et sans éveiller les soupçons du simple guichetier de banque.

Entre temps, je prends notre contrat piégé et je commence à le remplir avec les différents montants et l’ordre fraîchement connu. Thomas signe, puis Stéphane – que nous avons placé comme tiers de « confiance » – et enfin Frank/Mathieu. Thomas et moi-même récupérions l’ensemble des documents comme-ci de rien n’était.

Frank/Mathieu sort un nouveau dossier surprise et commença sa nouvelle scénette: « Bon, je pense que nous pouvons passer à … »

Ayant assez de preuve, nous pouvions commencer les hostilités à notre tour, je le coupe donc sèchement et commença mon petit laïus: « Effectivement, nous pouvons passer aux choses sérieuses … » rajoutais-je, en prenant notre dossier de recherche.

Interro’ surprise, M. Dewar…

A ce moment-là, je lui pose la première photo de la plaque du 9025 Wilshire en commentant: « Alors, de notre côté, nous avons effectué quelques investigations, nous avons demandé à quelqu’un d’aller à l’adresse là … Je ne vois pas le nom de votre société, je trouve cela un peu bizarre »

Frank/Mathieu ne répond que par un bref « oui ». Il semble à l’ouest. Il ne comprend pas trop ce qu’il se passe.

Je continue donc « Votre adresse sur votre carte de visite [9663 Santa Monica Bld], j’ai une magnifique photo » où on y voit une magnifique boite postal.

Sourire au début, Stéphane constate que la photo affiche une pauvre boite postal, loin de la présentation qu’en avait fait Frank/Mathieu.

Frank/Mathieu m’interroge sur la photo « Ca c’est où, ca ? »

Je rétorque de suite avec un brin sarcastique: « Vous devriez connaitre … »

Frank tente une justification: « Ah oui, ca c’est notre … heu …. notre … adresse de … comment cela s’appelle … heu … où on reçoit notre courrier … le 96… »

Je le coupe sèchement: « 9663 Santa Monica Boulevard, vous inquiétez pas je commence à la connaitre par coeur » (A noter que lui aussi il aurait dû car ses précédentes sociétés bidons étaient à la même adresse … )

Je continue sur l’adresse à Carson City. Il me rétorque aussitôt: « Carson city il n’y a pas d’adresse ».

Je le recoupe de nouveau « Ah si si ! [ je montre le document de BusinessWeek] y’a une adresse, j’ai même une belle photo [ je lui montre une photo de la zone industrielle ] » (de plus l’adresse à Carson City était présent sur un des contrats apportés, documents que je n’avais pas lors de mes recherches et qui confirmaient donc le tout… il était donc difficile de nier au final qu’il ne connaissait pas l’adresse)

Stéphane ne comprend plus rien, je le vois regarder Thomas pour tenter d’avoir une explication sur ce qu’il se passe.

Concernant la société, je lui évoque plusieurs références « Global Financial Investment » avec un président nommé une fois Mathieu, puis une autre fois Frank.

Il ne sait pas quoi répondre, le seul mot qui sortira de sa bouche sera une onomatopée d’exclamation.

Je continue sur ma lancée: « Bon, on continue nos recherches et on découvre enfin la signification du « S », c’est « Sablon » »

Il essayera de justifier cela: « Ah oui, mais ca c’est mon nom de … heu … de …. c’est mon nom de … [ NDA: son nom américain, ce qu'il dira à la police ] ».

Je le recoupe: « pas de problème, pas de problème ! ». Je ne l’écoutais même pas, il s’enfonçait de plus en plus.

Alors qu’il me regardait et qu’il faisait sombre, je pose la première page du site sablon-dauberton.com, sa photo d’un côté, et « l’extrait » du casier judiciaire du personnage de l’autre

Et je lui pose la question de suite: « Et vous vous reconnaissez sur la photo ? »

A ma grande stupeur, il voit la photo et répond derechef sans lire le texte à côté: « Oui, oui, je me reconnais bien sur la photo »

Je regarde Thomas brièvement, il venait d’avouer devant tout le monde que c’était bien lui.

Je me retourne calmement vers la planque de la BAC et appelle les officiers. Ces derniers sortent de partout et encerclent Mathieu S. Dewar Frank Sablon Dauberton.

Interpellation dans nos locaux avec succès, un parfait flagrant délit.
Put your weapon down !

A l’heure actuelle, Frank était en garde à vue. Le commissariat du 2ème va être déchargé du dossier pour partir à la brigade financière. D’autres plaintes se sont rajoutées au dossier à charge durant les premières 24h et d’autres se suivent.

A priori, selon la police, il sera probablement condamné de 7 à 10 ans, voire pire.

A noter que durant son interpellation, il avait un billet de sortie de Fleury-Merogis fraîchement imprimé. L’homme devait être dehors que depuis quelques mois (NDA: A priori, entre septembre et début novembre 2010)

Stéphane est sorti de garde à vue, disculpé, il a lui aussi été manipulé dans l’histoire; Il est maintenant témoin à charge sur le dossier Sablon.

Au dernière nouvelle, Sablon a été déféré devant la brigade financière, une perquisition va être établie sous peu à son adresse dans le 15ème.

Il existe encore plusieurs victimes inconnues, n’hésitez pas à diffuser ce post ou le site sablon-dauberton.com. Son coeur de cible est maintenant dans le domaine de l’audiovisuel/théatre/cinéma. Une de ses dernières victimes venait du Luxembourg, elle travaillait dans le cinéma.

Cadeau bonus:
L’enregistreur, planqué sous le canapé, a été récupéré après coup … il a parfaitement enregistré toute la scène.

Seuls regrets:
Ne pas avoir une version vidéo de la scène. Une caméra aurait été trop visible. Sauf une caméra miniature, mais pas assez de temps pour s’en dégoter une.

Ne pas avoir récupérer le contenu de la « fameuse clef USB »: Et oui! je n’ai pas évoqué le contenu de cette clef, mais selon certaines sources (son ex-compagne par exemple), elle détient une vraie mine d’or comme ses coups, ses fausses identités, ses faux documents, et peut-être plus… Quand je pense que je l’avais entre les mains (et que je voulais la copier lors du 1er RDV), j’enrage :-)


UPDATE:
Les comptes Linkedin continuent d’être modifiés…. Mystère… C’était probablement quelques heures avant son interpellation.

UPDATE du 30/03
En cellule, Franck Sablon s’est énervé et a juré que quand il sortira, il essayera de nous pourrir par tous les moyens. Rendez-vous dans 10 ans !

UPDATE du 30/03
A noter que même en cellule, il essayait de persuader que l’affaire du « bâtiment prestigieux » se poursuivrait sans problème… (achat ou revente du bâtiment sur une somme assez dérisoire sur le papier, moins de 40% de son véritable prix)

UPDATE du 01/04
Je viens d’apprendre qu’il a été relâché sous contrôle judiciaire … sympa.

Remerciements

- Google/Streetview/Linkedin pour la mine d’informations.

- Patrice Rogement, qui gère le site sablon-dauberton depuis tant de temps. Je peux le dire, le site a vraiment aidé, sans lui, nous n’aurions pas pu découvrir le vrai profil du personnage.

- Greg, aka Pimousse, from Los Angeles pour les photos et ses vérifications sur place ;-)

- Les officiers de la BAC de jour du 2ème arrondissement (je ne peux malheureusement pas citer les prénoms) qui sont restés en planque pendant près d’une heure et ont travaillés jusqu’à tard dans la nuit, afin de finaliser les dépôts de plainte et les garde-à-vues

- Le réalisateur et la monteuse qui ont joué le jeu jusqu’au bout dans la salle de post-production juste à côté du rendez-vous et entre nous et la BAC

- A nos différents indics dans différents secteurs privés et du publics qui nous ont confirmés ou révélés certaines informations. J’ai du résumer à ce niveau car pas mal de personne ont participé à ce processus mais pour éviter tout problème (hiérarchie, secteur, etc…), j’ai du me résoudre à ne pas mentionner leurs statuts ni leur fonctions. Merci à eux.

A noter qu’un reportage sur la BAC, qui nous a suivi durant ce flag, sera diffusé a été diffusé sur TMC le 29 Avril


Finissons en chanson :

2008
22:08
[StreetWars] « Spartans! Prepare for your next glory ! »

Houla, cela fait un moment que j’ai pas posté pour Streetwars.
Récemment, je suis tombé sur cette vidéo sur DailyMotion du reportage de M6 diffusé l’année dernière. Si vous regardez bien, parfois on me voit :-)


Alors, vous allez me dire: « Le rapport avec le titre ? ».
Et bien selon Scarlett, l’une des participatrices de la session 2007 et nouvelle « gérante » de StreetWars-Paris (et aussi copine de notre poto national Ludo), les inscriptions vont pas tarder à s’ouvrir pour la session 2008. Le temps que, je cite, « Franz (alias Supreme) se gratte le cul à NY ». Traduction: Quand StreetWars NY sera terminé.

Donc:

« Spartans! Prepare for your next glory ! »


2007
23:10
StreetWars: Halloween Party At London

Ah! je vous vois déjà venir: « Quoi ? encore un post StreetWars ? mais ca fait des mois que c’est terminé ! »
Oui! Tout à fait mon bon monsieur ! (ou ma bonne dame).

Si vous vous souvenez, j’avais évoqué dans l’un de mes derniers posts Streetwars, ma discussion avec des Anglaises de « StreetWars UK/LONDON » venues faire un petit « Hello! » lors de la soirée de clôture de StreetWars FR/PARIS.

Ce week-end, j’avais décidé avec une amie de faire un petit tour à Londres.
J’en ai donc profité pour envoyer un mail à Rina (alias EvilMidget) pour l’inviter à faire une tournée de pub un soir.

A ma grande surprise, elle nous a invité à une soirée chez un de ses amis pour une Halloween Party.
Tous très sympa, certains ont même tenté de parler en français.
Je vous rassure, personne n’a été tué ou mouillé durant la soirée !

J’ai eu une petite pensée pour notre grand Fred (oui! Fred, c’est bien toi), Rina a sortit la PS2 et a mis … SingStar 80′s !
Je vais finir par croire que SingStar est le jeu officiel des players StreetWars :-)

Coming soon: maybe photos

2007
18:10
StreetWars: After Height

Streetwars passé, on arrive toujours à y revenir;
Samedi, je me fais une petite session paintball dans le nord de Paris, pas loin de Pointoise.
Je discute avec un groupe et je leur parle de streetwars, lorsqu’un des protagonistes me sort : « T’as fait streetwars aussi ?« . C’était un des players qui a été éliminé dès la première semaine.
Il avait pourtant du skill avec le paintball, ca n’a pas suffit !

2007
00:10
StreetWars: The TV Set

Rendez-vous Dimanche soir à 17h40 sur M6 pour le 66 Minutes: La StreetWars Guild passe à la télé.
Merci Régiiiiiis !.

2007
03:10
StreetWars: Une autre bière ?

NDLR: Il est tard, je corrige les fautes demain et la topo aussi


Ce soir, c’était ton soir !
Oh! oui Player, c’était ton soir !
Arrivé au lieu de rendez-vous, je vois mon petit groupe d’habitué: Mathieu et sa copine, Ludo, Scarlett et Alexandra.
Dans un fond, je constate que Supreme était en plein interview, et il est déguisé en macro comme au premier jour.
Nous étions sur la terrasse … pas pour longtemps, on se fait virer par les serveu(r/se)s.
On se retrouve donc tous – avec d’autres gens – à l’intérieur.
Une partie des gens se sont disposés sur plusieurs tables, la fête bat son plein et tout le monde boit (raisonnablement).
Supreme se ramène avec les trophés: La mustache d’or, le gun d’argent et le gun d’or.
Régis – le caméran de M6 passe de table en table pour filmer et discuter quelques secondes.

Puis, Mathieu, Ludo et moi, on décide de se taper un petit délire.
On prend nos guns et on vise Supreme.
Celui-ci se retourne et regarde partout, puis il nous voit avec un petit sourire.
Il nous regarde quelques instants, enlève ses lunettes 70′s, se déplace légèrement et prend le flingue de Fred (Charly Brown). Il pompe et nous regardes avec son sourire qui semble dire « bougez pas ! j’arrive ».
Et d’un coup, blaaaaaaaam! tire groupé: on dégaine nos guns et on le vise d’un coup.
Suprème riposte.
Il se déplace et nous fait signe d’aller dehors.
On le suis et on continue notre Death Match: On est vraiment l’équipe fouteuse de merde !
Les autres players suivent quelques secondes après et c’est le bordel ambiant dans la cour du bar.
Régis filme en évitant les tirs groupés; Supreme pompe et me shoot bien: je suis complètement trempé.
Les hommes de la sécurité nous demandent d’arréter.
Tout le monde se calme et on rentre de nouveau.
Quelques minutes passent, je parle avec une des playeuses de Londres (Rina, alias « Evil Midget ») lorsque c’est la remise des prix.
Suprème veut le faire dans la court, mais le personnel du bar joue les casses-couilles et ne veulent pas que l’ont fasse du bruit.
On se fait gicler par le videur.
Régis lui fait comprendre qu’on est dehors et qu’il a pas d’ordre à recevoir.
Supreme parle fort devant les players et le videur s’approche.
Supreme le regarde méchamment et lui dit yeux dans les yeux: Don’t touch me !
Par provocation, Supreme se place en dessous d’un immeuble voisin et se met à distribuer les prix.
Le gun d’argent a été attribué à … je sais plus.
La moustache d’or a été attribué à Charly Brown pour la sécurité de Supreme.
Et le gun d’or a été attribué à OSS117 bien entendu.

Charly Brown se dirige vers moi et me dit « je partage le prix avec toi, vu que tu participais avec moi à la sécurité de Supreme ».
Petite accolade et on décide de bouger vers un autre bar.

On se déplace dans le bar juste à côté.

Continuation des discussions.
Je discute avec la copine d’une des cibles (vous savez, ceux où, avec Ludo, on a campé dans l’escalier).
Elle m’apprend que l’année prochaine, elle joue … ca risque d’être drôle.
Je regarde Mathieu et on décide de se refaire un death match.
On recharge nos armes puis on se dirige vers la sortie.
Je me stoppe, et je gueule « Frantz! Come here ! Another game ! » (Franz… c’est le vrai prénom de Supreme hein! :) Supreme se retourne, rigole et fait « OK! Ok, One minute« 
Je lui rétorque : « No! No Now ! »
« Ahahaha Paaaas Méteutenant !« 
On attend quelques secondes, puis il prend une des armes de Mathieu et on continue le fight dehors.

Courses poursuites entre les véhicules, on se plaque contre les voitures, on se cache contre les murs.
Supreme se roule sur les capots de voiture et tire à tout va.
Alexandra prend des photos de nos conneries.

Complètement trempé, on retourne dans le bar.
Après quelques minutes, il est temps de rentrer.
Je dis au revoir aux autres players, je récupère les emails des deux playeuses de Londres, et je fais connaitre à Supreme le « FreeHug Concept ».
Grand accolade avec Franz, il espère me revoir l’année prochaine.
Il me lance un joyeux « Send me emails, it’s not only a fucking buziness … I love people (rire)« 

It’s done !

[FlashPhoto] Franz Aliqo, Alias Supreme Commander
[FlashPhoto] OSS117 arrosé par Franz
[FlashPhoto] La guerilla urbaine dans la cour du bar
[FlashPhoto] Les autres…


A l’année prochaine !

2007
19:09
StreetWars: Last night, a DJ save my life
 The Streetwars endgame party is tonight... Come meet all the other assassins and trade stories of your deaths and diseases. Feel free to bring friends, the party is open to all... Location: La Bellevilloise - 19 rue Boyer - Paris - 75020 Date: Sunday Sept 30th. Time: 8:00pm See everyone there! 

*A ce soir !*

2007
02:09
StreetWars: The Last Day: OSS117 Win !

Samedi matin, réception d’un mail de Supreme Commander: Venez à l’Hotel XYZ près d’Alésia pour me servir d’agent de protection, je dois aller sur la tombe de Jim Morrison au cimetière du Père Lachaise..

Je m’arme et me prépare psychologiquement à un SuddenDeath mouillé.

Après avoir prévenu Alexandra et pris sous le bras un pote, je me dirige donc vers le lieu de rendez-vous.
La parano revient à la sortie du métro: Ce barbu là! Est-ce un assassin ? Et la dame avec sa poussette! Elle stocke des armes, j’en suis sûr !

Je me place devant l’hôtel et j’appelle le numéro de portable spécifié dans un des mails.
Je m’attendais à parler en anglais à Supreme, je me retrouve devant un francophone: Ouah! Supreme parle français maintenant ?.
Que nenni, c’est Fred, l’un des agents du Shadow Government.
Il n’est pas loin de l’hôtel et arrive tranquillement.
Au loin, je vois un homme de moyenne corpulence, il s’approche et se présente de nouveau.
Il dézippe sa veste et je constate une armada d’arme de tout calibre: Ca lui fait prendre 30 Kg !


Un peu plus de 14h, une fille se présente à la fenêtre de l’hôtel et commence à discuter avec Fred.
Si mes renseignements sont exactes, c’est la soeur de la petite amie de Supreme.
Elle lui demande si on est préparé.
Quelques minutes après, plusieurs personnes sortent de l’hôtel dont Supreme, que je n’ai absolument pas reconnu.

Il faut dire, la dernière que je l’ai vu, il était déguisé en macro et était complètement bourré au whisky.

Il s’approche de nous et nous salut.
Sa tête laisse supposer qu’il n’avait pas bu que de l’eau hier soir et s’était couché très tard.

Fred prend les commandes et précise le plan d’action: on s’attend à voir des agents aux abords du métro Alésia.
On va prendre le métro à Denfert-Rochereau.

La petite amie de Supreme nous accompagne, ainsi que le caméraman de M6 (pour le 66 Minutes).
Je suis placé en avant et je regarde chaque ruelle avoisinante, derrière les voitures, les petits parcs, ….
Nous avancions petit-à-petit.
Fred était à coté de Supreme et Etienne derrière.

Puis tout d’un coup, j’entend un cri et une bousculade: Supreme était touché !


Un assassin était passé par derrière: c’est OSS117.

Il nous parle de sa traque: Si j’ai bien tout compris, il avait suivi Supreme hier soir avec un taxi.
Puis, il avait fait le pied de grue dans une ruelle à côté, dès le petit matin, dans un taxi.
A l’aide sa lunette, ils nous avaient vus au loin.

Supreme le félicite puis décide d’aller quand même au cimétière du Père Lachaise.

Le métro, c’est long … surtout quand on doit faire des détours.
Je préviens Alexandra de nos déplacements en attendant.

Arrivé à Menilmontant, une station avant Père Lachaise.
On se met en position, OSS117 nous rejoins comme agent de protection, ainsi qu’un autre agent dont je me rappelle plus le nom (peut-être Vlad, mais j’en suis pas sûr).
On sort les dossiers des derniers participants: il n’en reste plus que 4

Let’s go to Père Lachaise


Alexandra nous croise sur le chemin.
Dans le cimetière, les gens nous regardent bizarrement. Cela rajoute à la parano: on a l’impression que tout le monde est un assassin potentiel.
Nous traversons le cimetière, Etienne, OSS117 et moi-même derrière, Fred sur le coté, un autre agent devant et Alexandra en électron libre.
On se perd un peu et nous revenons sur nos pas pour s’approcher de la tombe de Jim.

Je passe de temps en temps sur les cotés des tombes pour voir si aucun assassin est en planque.
Etienne fait de même … lorsque nous l’entendons crier.
Un des assassins était planqué à proximité.

Dans l’une des allées, je croise un visage que j’ai déjà vu auparavant: c’était la copine d’une de nos cibles à Ludo et moi
Quand elle m’a vue, elle a fait « tiens! toi je t’ai déjà vu« 

Je vois Etienne se faire éliminer, puis un autre protecteur.
Juste derrière, je vois Suprème un peu déboussolé: je m’avance vers le tireur en tirant moi aussi.
Supreme s’échappe, l’assassin aussi, Fred lui court après…

Puis d’un coup, Fred s’arrête, l’assassin de même … les flics venaient d’arriver et on se fait virer du cimetière.

Tout le monde se retrouve dehors.
La copine de l’assassin s’approche de moi et me fait « toi, j’oublie pas que tu m’as arrosé« .
Je sors mon flingue et je la pointe. Avec un grand sourire je lui réponds: « Me tente pas !« 
Elle sort une bouteille d’eau, la dévisse et me la jête en pleine face.

Je riposte avec mes armes.
Son copain me vise et tire, je réplique. Fred fait de même et vise l’assassin : C’est la bataille rangée !
Suprème pompe son flingue et tire sur l’assassin aussi.

On décide de prendre une petite bière dans un bar à coté.

Tout le monde partage ses impressions, Supreme avoue qu’il a bien kiffé cette session et qu’il aimerait bien s’installer à Paris.
Il nous apprend aussi qu’une session sera organisé dans une autre grande ville de France.

Je m’absente, Alexandra doit rejoindre Mathieu et Ludo à Barbès.
Un photographe de « Choc » doit faire des photos.
Au cours des heures, j’apprends que le journaliste ne fait aucune vraie photo de streetwars, mais juste des reconstitutions … très dirigées.

Lorsque j’arrive à Barbès 2 heures après, Alex, Mathieu et Ludo sont planqués Boulevard Magenta.
Ils ont planté le photographe et ce dernier les cherchent devant l’immeuble de Mathieu.

On décide le faire tourner en bourrique.
Je m’approche du photographe, Alias Julien Richard Thomson (et le pire, c’est que c’est son vrai nom) et je l’arrose.
Il rigole et me prend en photo… je me casse rapidement.

Après 30 minutes, on se termine dans un bar à proximité de Barbès. Autour d’un verre, le photographe nous harcèlent par téléphone: « Allez! les mecs soyez sympaaaa ! ».




Images d’Alexandra de Cossette


PS: Désolé pour les fautes, je les corrige au fur-et-à-mesure.

2007
01:09
StreetWars: Coup-de-Gueule: Organisation déplorable

Mail de dernière minute:


Suject: Re: Rogue Assassins The Time Has Come To Protect Me Like A Condom
From: Supreme Commander
To: All Players Alive & Agents
Date: 28 sept. 2007 18:40
 We will be meeting near the Louvre at around 9pm. Call me and I will let you know the exact location. You can reach me at this number: 06 62 XX XX XX Hopefully we will be killing a good number of the other players. 


Mail envoyé à 18h40 pour 21h00 …. perso, je n’ai pas Internet dans les transports en commun et encore moins lors de mes happy-hours.
Le minimum demandé (et apparemment d’autres players aussi), c’est une mini-roadmap ou une organisation un peu plus élaborée.

Jeudi dernier, un des organisateurs français a appelé plusieurs agents pour informer que « c’était annulé« .
Annulé quoi ? … 10 bonnes minutes ont été nécessaire pour lui faire préciser qu’il parlait de StreetWars.
Oui, car lors de l’appel, il ne s’est pas présenté et partait directement sur le vif du sujet en étant obscur : « Salut, bon, pour ce soir, c’est annulé« .
Perso, j’ai une vie à côté et plusieurs stuffs en parallèle.
Donc, quand un mec que je ne connais pas me dit « c’est annulé », j’ai tout d’un coup, 20 Events qui sont en zone rouge…
UPDATE: méa-culpa, c’est pas un des orga, mais un des joueurs (Vlad) qui voulait avoir des infos en louzdé

Pour ce soir, je ne suis pas allé au Louvre … tout simplement parce que je viens de voir le mail.
Ah oui, pour l’anecdote, c’est quand même la copine de l’agent Lulu the Butcher (ma ex-cible, éliminée depuis) qui m’a appelé en pleine soirée et prévenu pour ce soir.
Le comble quand même !

Et encore … je ne vous parle pas de la soirée Streetwars, apparemment c’est ce dimanche (je viens de l’apprendre par Fred, mon ex-assassin et Mathieu mon ex-cible), mais on ne sait ni l’heure ni l’endroit.

Cela risque d’être drôle

2007
14:09
StreetWars: I Know What You Did Last Summer !

Depuis 2 jours, j’ai une nouvelle cible.
Allez! maintenant, je peux vous dire, c’est la copine de l’Agent Ludo The Butcher: belle ironie, n’est-ce-pas ?
Petit repérage du côté du 15ème, je me trouve devant une école.
Premier passage … deuxième passage.
Je décide d’arrêter, je sais que les élèves sont au courant de l’activité de ma cible (et donc de moi).

Je reste un peu moment dans un coin de rue attendant Alexandra.
Arrivé de cette dernière, motorisée et avec des petits yeux de lapin sous amphétamine.

Je remarque un truc bizarre: les têtes qui se tournent à chaque fois que je passe au bout de la ruelle…
Je reste un moment à les regarder … quelques sourires … ok, j’ai compris: La garde prétorienne est active ce matin !

8h30, les nenfants rentrent à l’école, je disparais dans une ruelle parallèle…

Allons dans le passé Revenons dans le futur