Le petit journal du pr0n: l'esclave des amazones numériques (et de marc dorcel..)
Le petit journal du pr0n
Informations et actualités cinématographiques
2010
15:02
Le CNC retoqué par l’Autorité de la concurrence concernant les VPF

Depuis quelques mois, les yeux étaient rivés vers l’Autorité de la concurrence.

Petit historique: les investissements pour la migration vers le cinéma numérique seront à la charge des exploitants; Mais les gains en résultant (pour les copies et les distributions) vont être pour les distributeurs et les studios. On arrive a un paradoxe où l’exploitant doit massivement investir pour que le distributeur paye moins au final. Pour faire simple, un modèle économique a donc été développé pour un rebalancement des fonds, du distributeur vers l’exploitant: le VPF (pour plus d’informations: ici)

Certains acteurs ont émergé en France, à l’époque (feu-)Eclair-Digital-Cinema et XDC puis Arts-Alliances Media et Ymagis.

Il y a bien 1 an, le CNC a émis l’idée de proposer un fond pour la migration au cinéma numérique mais financé par des fonds publics.

Trois problèmes majeurs sont apparus: Tout d’abord, le CNC n’avait aucun accord avec les distributeurs et les studios, ce qui est un gros problème en soi pour le financement (sauf si le CNC allait utiliser les fonds publics pour compenser son manque d’accord de financement … ce qui serait très très problématique, et donc serait en liaison avec le dernier point);

Ensuite, en voulant accélérer le processus de migration, celui-ci a obtenu l’inverse: les exploitants ont attendus les propositions du CNC (avant de finalement négocier avec les tiers-investisseurs [1][2]).

Et enfin, le CNC s’est placé dans un secteur a concurrence privé. Ce qui le met dans une position très particulière: Utilisant des fonds publics « obligatoires » (par le biais de la TSA), le CNC n’a pas les mêmes financements et obligations qu’un tiers-investisseurs privés

L’Autorité de la concurrence a donc été saisi par la ministre de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi le 27 octobre 2009 (numéro de lettre 09/0115-A) afin d’étudier le dossier plus en profondeur. (car oui, c’est bien le ministre: « Origine de la saisine : Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi »)

Celui-ci a donc remis ses conclusions en retoquant le CNC, dont voici les conclusions majeures:

La numérisation des salles de cinéma est un objectif d’intérêt général qui justifie sans doute une intervention publique.

Cependant, l’Autorité de la concurrence est d’avis qu’il faut rechercher les voies les moins restrictives de concurrence et fait des propositions dans ce sens.

Le projet du CNC correspond à un objectif d’intérêt général, auquel le marché du financement du cinéma numérique par les tiers investisseurs ne semble pas pouvoir répondre de façon satisfaisante. Cependant, l’intervention directe du régulateur sectoriel est de nature à créer d’importantes distorsions de concurrence, voire à éliminer toute concurrence sur le marché du financement du cinéma numérique.

C’est pourquoi, sans renoncer à l’objectif d’intérêt général, l’expertise de solutions alternatives, qui permettraient d’atteindre ce même objectif de façon plus économique et moins restrictive de concurrence, est nécessaire.

Ce qui – en langage politique – veut dire que le CNC est clairement dans le cadre de pratiques anti-concurrentielles et donc il se doit de revoir sa copie

De mon point de vue – et cela n’engage que moi, comme tout propos ici – le CNC doit être présent dans les niches ou l’exploitation ne peut être couvert par des tiers investisseurs privés. Les très petites exploitations (et quand je dis petite, c’est de l’ordre de l’association qui effectue une ou 2 projections par an, donc très peu). La plupart des tiers-investisseurs privés ont des modèles qui peuvent s’appliquer sur l’ensemble de la filière de projection cinématographique.

Bien entendu, bossant dans ce secteur, je suis juge et partie, je ne vous demande pas de me croire sur parole :-) Cependant, j’aimerais notifier une seule chose: Est-ce normal qu’un fond public (financé par 50% de la TSA et 50% des télévisions) aide un secteur privé qui n’en a pas (vraiment) besoin car ayant déjà plusieurs offres compétitives sur le marché et ne concernant que les liens entre distributeurs et exploitants ? (Si je ne suis pas clair: c’est une affaire de gros sous entre distributeurs et exploitants)


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